LA RETIRADA 

 

La guerre civile d'Espagne est un conflit qui opposa de 1936 à 1939 le gouvernement républicain espagnol de Frant populaire a une insurrection militaire et nationaliste dirigé par le général Franco. La guerre civile espagnole (juillet 1936-mars 1939) fut sans aucun doute l'un des événements majeurs du xxe siècle. Ses conséquences et l'attitude des gouvernements européens pendant la guerre influèrent largement sur le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et sur les formes qu'elle prit. La guerre d'Espagne fut un double « banc d'essai » : pour Hitler, celui d'unités et d'armements nouveaux ; pour Staline, celui d'une expérience politique et policière avortée, qui préfigura le destin des « démocraties populaires ». (https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_civile_d_Espagne/118441)

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À l'heure où les rides nous racontent la vie, il est grand temps enfin de l'écrire afin de n'oublier jamais d'où l'on vient en relayant dans la course du temps le passé au présent et celui-ci au futur. Connaître ou découvrir nos racines c'est comprendre et ressentir profondément quelle forte sève nous  nourrit.

Ma Mère Conception a relaté dans de nombreux écrits les événements de sa vie. Ses  témoignages et ceux des autres resteront comme une empreinte  gravée dans le sable du temps qui passe. Elle quitta l'Enfance comme elle quitta l'école à 12 ans pour de tristes raisons, puis elle apprit et écrivit le français, langue d'un pays qu'elle découvrit avec les Siens dans de terribles circonstances mais qu'elle porta ensuite dans son coeur.

Sur ses cahiers d'écolier, devant moi ouverts, riches de mots comme un puits, je puise l'eau de son inspiration, de ses traces et de ses preuves dans les épreuves de la  vie. Sa vie et la vie de celles et ceux qui l'ont accompagné n'ont pas été, un long temps, des vies rêvées. Des stigmates sont restés, ils se devinaient dans les regards ou plus encore dans les silences. Traces ineffaçables de ces moments douloureux où chacun savait garder la dignité, l'humanité, la colère retenue en regard de l'humiliation subie et des peurs du lendemain, les yeux toujours tournés vers un espoir et ce à chaque heure de chaque jour. Mais rien, rien de tout cela n'a distillé durant le temps de notre enfance, aurore d'enfance ô combien heureuse.

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À partir de février 1939, ce sont plus de 450 000 républicains qui franchirent  la frontière franco-espagnole à l'issue de la guerre civile.

Leny Escudero naît à Espinal, en Navarre, le 5 novembre 1932. Il grandit à Paris, à Belleville, où la vie n'est pas toujours facile. Après son certificat d'études, il exerce divers métiers et connaît également le chômage.

En 1962, Leny rencontre le directeur artistique Léo Messir et débute sa carrière d'auteur compositeur interprète. "Pour une amourette" fait de lui une vedette.

         En cette période où le rock et les yéyés connaissent leurs heures de gloire, la télévision s'entiche de cet artiste pourtant différent.

          Arrivent la fortune et la gloire. Mais Leny Escudero part alors pour l'Amérique du Sud. Il repasse par Paris le temps d'enregistrer de nouvelles chansons, puis repart pour un tour du monde (Moyen Orient, Cambodge, Union Soviétique, Israël, Japon, Pologne, Etats-Unis...)


 

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ANECDOTE : En 1964, Lény Escudero, artiste confirmé, passait en vedette au Théâtre de verdure à Perpignan. J’aimais beaucoup cet artiste, pour sa voix, ses textes et ses mélodies. Et pour l’homme aussi, pour le républicain espagnol exilé, écorché et pour l'humaniste qu’il était. Moi-même étant fils de républicains catalans. Mes parents l’aimaient également.

Il entra sur scène, ce soir-là, avec la chanson « Il faut vivre », puis il enchaîna tous ses succès d’alors. À la fin du spectacle, je me dirigeai vers les loges pour le voir avec quelques partitions à dédicacer. Malheureusement il quitta rapidement ce soir-là le Théâtre de verdure. Un peu déçu, je repris mon vélo et je remontais le Boulevard Jean Bourrat, au long du square. Une voiture s’arrêta à ma hauteur, le conducteur baissa la vitre passager et me demanda en se penchant : « Pouvez-vous m’indiquer la route d’Argelès ?». C’était Lény Escudero. Je lui indiquais la direction des plages, qu’il connut quand elles furent en février 1939 de tristes camps de concentration. Je lui dis que je venais de le voir sur scène, que j’avais aimé son spectacle et que j’avais des partitions à dédicacer. Ce qu’il fit avec grand plaisir. Je le remerciai mais c’est lui qui ce soir-là me remercia le plus. Il allait revisiter son passé. J’avais 18 ans. Il me reste encore quelques partitions, j’en ai beaucoup donné.
Plus tard il écrivit la chanson « Le siècle des réfugiés ». Et bien plus tard encore, il dit : "J'ai honte du monde que je vais laisser à mes petits-enfants".

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » disait Paul Éluard. Je le compris bien plus tard.

Quelques années après, j'eus une égale admiration pour Étienne Roda Gil  (auteur des premiers grands succès de Julien Clerc) et pour ses textes, lui-même étant fils de républicains catalans.

Juliette Gréco a dit de lui : « J'ai vite compris qu'il était un être humain, ce qui n'est pas si fréquent ».

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...Espagne janvier 1939. La guerre civile, fratricide, la pire des guerres, avait plus de deux ans. Les Brigades Internationales avaient quitté l'Espagne depuis le mois de novembre et les Républicains, foudroyés par l'aviation de la légion Condor, la même qui fut coupable du massacre de Guernica le 26 avril 1937, avaient perdu la terrible bataille de l'Ebro. Tarragone allait tomber aux mains de ceux qui avaient pour alliés l'Allemagne nazie de Hitler, l'Italie fasciste de Mussolini et pareillement soutenus par le  Clergé. Alcover, berceau de notre famille, était sous les bombardements.  La chanson de Carmela s'était tue...(FC)

El paso del Ebro, également connue sous le titre ¡Ay, Carmela!, est une chanson populaire espagnole, née en 1808 dans la Guerre d'indépendance espagnole contre Napoléon Ier. Elle est reprise plus tard par les soldats républicains et par les volontaires des Brigades internationales pendant la Guerre civile(1936-1939), avec notamment sa variante Viva la Quinta Brigada.

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...Ainsi donc, 9 jours avant la déclaration de guerre à l'Allemagne nazie qui avait été à l'origine de la défaite des Républicains, la France anticipait le placement des Réfugiés espagnols dans un nouveau camp, entouré de barbelés, caché au fond d'une vallée, près du village de MIELLIN. Tout laisse facilement à penser que cet acte fut programmé, les dirigeants français craignaient en effet ces "rouges" venus d'Espagne...

AMICALE DU CAMP DE MIELLIN

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